Accueil Rando-Trek Randonnée raquette et chiens de traîneau dans les monts Groulx (réservoir Manicouagan) : récit de voyage
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Agrandir Une randonnée raquettes et traîneau à chiens : Un rêve d'enfant, voilà ce qui m'a fait choisir cette destination. Une aventure d'hiver loin de toutes traces et avec des moyens de subsistance loin de tout le confort moderne. En rencontrant Jacques, un Belge devenu Québécois j'ai trouvé la personne qui pouvait me faire vivre ce rêve.
Première surprise, à l'arrivée à Montréal le froid n'est pas très mordant, il ne fait que -10°C et je passe la soirée à visiter une partie de la ville, le rendez-vous n'étant que le lendemain matin pour le trajet Montréal - Baie Comeau, 700 km en bus (vers le nord-est) le long du fleuve Saint-Laurent. La route est peu enneigée et le voyage se déroule sans accroc avec mes deux compagnons rejoints à Montréal, à Baie Comeau, Jacques est à l'arrivée du bus et sitôt les présentations faites nous gagnons le motel afin de préparer notre périple. Une partie du paquetage est venue de France avec nous, l'autre est prêtée par Jacques (Coupe vent, Moufles, Sac de couchage etc.…) sans oublier la nourriture.
Nous prenons la direction des Monts Groulx le lendemain matin. La route que nous empruntons (Baie Comeau - Schefferville) est en fait une piste de neige damée et gravillonnée. La conduite semble aisée mais le moindre écart peu être fatal sur cette surface glissante ou la plupart des véhicules rencontrés sont des camions chargés de grumes. Nous avons exactement 336 km à parcourir ainsi avant de rejoindre le " camp de base " de Jacques, 2 chalets et un abri pour le bois. A notre arrivée nous sommes accueillis par un concert de hurlements. Les chiens manifestent leur présence et surtout reconnaissent leur maître.
La porte du chalet n'est jamais fermée car ce peut être une halte pour les personnes en difficulté ou les visiteurs éventuels. Visiblement personne n'est passé depuis le départ de Jacques et une brassée de bois dans le poêle a vite fait de réchauffer l'atmosphère plutôt fraîche. Nous nous installons dans le chalet et commençons les préparatifs pour une séance de prise en mains des traîneaux et des chiens dés cet après midi. La séance se déroule à proximité du chalet dans un léger dévers en bord de ruisseau avec des traîneaux vides et des chiens passablement excités. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela n'est pas évident et que c'est plutôt dur physiquement. Nous aurons encore toute la journée de demain pour parfaire la technique. Une petite surprise nous attend pour la nuit, nous la passerons dans le chalet " annexe " non chauffé et très humide afin de tester nos sacs de couchage. Dure prise de contact avec le froid !
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Agrandir Enfin le jour du départ de la randonnée arrive, les 14 chiens sont prêts, les 2 traîneaux sont chargés (notre nourriture, la nourriture des chiens et le matériel de bivouac) et les 4 hommes sont prêts. Notre but est l'île Levasseur au centre du réservoir Manicouagan soit un périple de 110 km aller-retour et nous nous sommes donnés pour cela une douzaine de jours incluant 2 à 3 jours de randonnée raquette sans chiens ni traîneaux (Les chiens restent au bivouac et ne sont nourris qu'une fois par jour) pour apprécier le calme et le silence…….
Le réservoir Manicouagan est un lac artificiel, créé par le barrage Manic 5, qui est entièrement gelé de décembre à avril. Sa traversée ne présente pas de difficulté, la neige ne s'y accumule pas car elle est soufflée par le vent. Nous avançons rapidement et l'île Levasseur est atteinte en début d'après-midi. Les choses sérieuses commencent, il n'est plus possible d'avancer aussi vite car la neige est épaisse et il est nécessaire de faire la trace avant le passage des traîneaux. Pour cela 2 d'entre nous passent devant et tracent la piste afin que les chiens ne s'enfoncent pas trop dans la neige. Puis nous décidons de faire halte pour monter notre premier bivouac.
Les tâches sont reparties entre nous 4, et beaucoup de choses sont à faire : monter la tente, dételer les chiens et les attacher pour la nuit de façon à ce qu'ils ne se bagarrent pas, les nourrir, couper du bois pour le feu (nous avons un poêle sous la tente pour la cuisine mais nous n'entretenons pas le feu toute la nuit car cela suppose que l'un de nous veille), récupérer de l'eau pour la cuisine et pour la boisson et enfin préparer le repas du soir. Quand vient l'heure (avec la tombée de la nuit) de se glisser dans les duvets personne ne demande son reste et le sommeil est vite là. La nuit s'est bien passée, rien à signaler si ce n'est peut-être quelques hurlements de loups au loin. Les duvets sont givrés de la tête à la poitrine, pas étonnant car la température extérieure marque -28°C et nous attendons que la température, aidée du poêle, remonte un peu à l'intérieur de la tente pour sortir nos membres. Le ciel est d'un bleu profond et le soleil pointe déjà à l'horizon, la journée s'annonce belle. Nous préparons le petit déjeuner, puis nous décidons de notre étape du jour et levons le camp. 2 d'entre nous partent tracer la piste et les 2 autres attellent les chiens aux traîneaux et achèvent le chargement. Le premier coup de collier des chiens le matin est quelque chose d'absolument fabuleux, ils sont impatients de partir et les premiers mètres sont parcourus à une vitesse fantastique, si le terrain n'est pas parfaitement plat il est pratiquement certain que cela se termine par un traîneau sur le flan ! Agrandir
Agrandir Après plusieurs autres bivouacs nous arrivons au centre de l'île et nous décidons d'y monter le camp pour au moins 2 nuits pour avoir le temps de grimper sur le mont Babel (à pied car cela n'est pas possible avec les chiens car trop escarpé) qui est le sommet de l'île. Nous y parviendrons avec beaucoup de difficultés car la couche de neige est très épaisse et malgré nos raquettes nous enfonçons de 50 centimètres dans la poudreuse mais l'effort valait la peine car la vue sur les monts Groulx est fabuleuse. La nuit suivante nous réservera le froid le plus intense de la randonnée : -40°C à l'extérieur et -38°C sous la tente au réveil…… là il commence quand même à faire froid et la toilette est réduite à sa plus simple expression.
Le retour au " camp de base " s'effectuera par le même itinéraire en 4 jours, la traversée du réservoir s'effectue avec un violent vent de face et il nous tarde que cela s'achève car nous sommes tous un peu fatigués. Le souvenir d'une belle randonnée est maintenant ancré à jamais avec ses instants croustillants. Quand, par exemple, 14 chiens se mettent à hurler au beau milieu de la nuit sans savoir pourquoi ou que l'un d'eux se détache et qu'il faut sortir (dans la nuit et le froid) pour le remettre à sa place et bien d'autres images encore.
Mais tout n'est pas encore terminé car ayant encore quelques jours avant de reprendre l'avion je décide de m'arrêter quelques jours à Québec pour visiter cette ville sous la neige. C'est merveilleux et les habitants n'ont pas l'air d'être gênés outre mesure par le froid et la neige, question d'habitude peut être !
L'heure du retour en France est maintenant là et je dois me rendre à la gare pour rejoindre Montréal. Au réveil le vent souffle comme une furie et je dois me rendre à l'évidence : une tempête de neige est en cours. Je me rends malgré tout à la gare avec bien des difficultés pour apprendre que le train est retardé mais qu'il partira. Je patiente, et à 13 heures (au lieu de 9 heures) c'est enfin le départ. Normalement le trajet Québec Montréal prend 3 heures, mais avec la tempête nous mettrons neuf heures. Ma voisine allait à un mariage, elle arrivera pour le dessert…….. et moi mon avion sera parti quand j'arriverai à Montréal car ici la tempête avait peu sévit.
Le temps de trouver une place dans un autre avion me valu 48 heures supplémentaires à Montréal, mon budget s'en serait bien passé mais la tempête était si belle…..
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Webmestre : Didier Duval
Créé : 02 Juillet 2002
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